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Campagne 2.0: Tempus Fugit

Cette froide soirée du 19 janvier 2012, le vendredi précédent la fin de semaine du jeu, restera dans les mémoires de nombreux membres d’ANDLR. Ce neuvième épisode, transition entre le premier et second volet de la Campagne, fut enrichi par la présence de nos premiers français vraiment impliqués dans la Campagne et par la suite l’Association. L’un vint de Paris pour interpréter, magnifiquement, le rôle du Sébastokrator. Un rôle de composition, puisqu’il le vit encore aujourd’hui jusque dans sa vie amoureuse! Deux autres descendirent de Strasbourg, l’une pour jouer la mythique Anne Comnène – un rôle à sa hauteur -, et l’autre en PNJ-aide.

Et là aussi, révélation!

Quelle implication dans le jeu, quelle présence! Toujours présents pour contribuer! Ces trois joueurs français, amenés par Elixah, firent réellement un poids dans le tournant plus impliqué qu’allaient prendre tous les nouveaux membres de l’Asso. Et en cela, cet épisode de la Campagne marque tant la transition entre le premier et second volet de la Campagne qu’entre la première et une seconde génération de membres ANDLR.
Et c’est cette génération suivante qui est aujourd’hui à la tête de l’Association, qui donne la motivation et l’énergie. Cette différence est bien entendu directement visible dans le CV de l’Association!

Pour revenir à l’événement lui-même… Comme d’habitude! L’accroche et le débrief de l’époque, pour suivre cette Europe uchronique en ébullition!

Murder Party

Au Nom De La Rose

Tempus Fugit

Au moment où je prends la plume, voici que plus de vingt ans se sont passés depuis la prise d’Antioche et de Jérusalem. Les croisés ont vaincu. Les musulmans ont reculé. Pour mieux reprendre des terres là-bas. Là-bas, dans ce qui est désormais la péninsule almoravide. L’Ibérie, l’Espagne… Des noms de Royaumes aujourd’hui disparus qui hantent pourtant ma mémoire. Mais il semble que je sois le seul à encore m’en soucier un peu. Durant certaines de mes prières. Je ne peux faire plus…

Certes, de manière officielle, l’Espagne a survécu avec moi. Et celle qui m’accompagne désormais représente elle aussi la terre et la puissance disparue de mes aïeux. Mais pourtant, je ne peux m’empêcher de voir que des hommes qui m’accompagnèrent jusqu’ici, plus un seul ne songe à partir de la Cour qu’il a choisi. Qu’elle soit à Jérusalem, Antioche ou Tripoli.

Mais trêve de pensées nostalgiques. C’est vers le futur que je dois me tourner. Mon fils, du haut de ses vingt-et-un ans, brûle de se tailler un royaume dans les terres volées par les Infidèles. L’appellera-t-il Espagne ? Je ne le sais. Et tant que je n’entendrai pas de mes propres oreilles les cantiques résonner dans les Monts Aquilianos, je n’en aurai cure…

Quel meilleur chemin lui conseiller ? Comment ne pas perdre la dernière richesse que Dieu m’aie accordé, l’amour de ma femme mis à part ? Après la mort de mon second fils, l’enlèvement d’Urraque et le mariage forcé de Carmina avec un seigneur mauresque d’Antioche, voilà que le danger guette à nouveau la chair de ma chair.

Autrefois, j’aurai fait appel à mes meilleurs compagnons d’armes. Ceux qui devant aucun danger ne résistait. Matteo Jordaini par exemple. Mais Matteo est mort sous mes yeux, sur la plaine d’Antioche.

Les Chiens ont payé depuis ce temps. Mais cela n’a pas ramené Matteo et ses sages conseils. Rodrigo Montoya peut-être ? Il a disparu sans mot dire ! Lui en qui j’avais toute confiance !

Le seul lien réel qu’il me reste de mes anciens compagnons n’est autre que Wilfrid. Fils de Jehan et d’Alix de Taillefer, rencontrés eux aussi sur la Plaine d’Antioche. Il est jeune, mais valeureux. Et reste le meilleur ami de mon fils. Et par les bons enseignements de son père, fameux maître d’armes, il est la meilleure protection qu’on puisse imaginer pour lui. Par Wilfrid, je recroise de temps en temps des gens issus du passé. Il me semble les voir comme s’ils sortaient d’une autre vie.

Peut-être devrais-je en parler avec Anne. Depuis qu’elle est rentrée officiellement au monastère, elle a plus de temps. Enfin… Comme si une femme de la famille impériale pouvait avoir un peu de temps libre. Elle a bien assez à faire avec la gestion de son école. Mais puisqu’elle semble apprécier mon cher fils, peut-être pourrai-je lui demander quelques-uns de ses judicieux conseils ?

Ma bougie a presque totalement fondu. Le temps où j’écrivais vite s’est éloigné. Je ne suis pas encore vieux, non ! Mais je sens déjà les outrages du temps sur mon corps. Ecrire mes pensées sur un papier est reposant, mais je ne peux plus noircir plusieurs volumes par soir comme auparavant…

Enfin… Avant que le noir ne m’enferme, je tiens à noter cette idée pour demain.

Pourquoi ne pas organiser, en compagnie choisie, le jeu d’une pièce ancienne à la Cour Impériale ? Je crois que « Les Grenouilles » d’Aristophane seraient plus qu’ad hoc.

Et qui peut dire qui sont les gens dans l’ombre des alcôves ?

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Campagne 1.7: L’Ogre et l’Onagre

Aussi appelé couramment « Le Final » par ceux qui y était, ce huitième épisode clôturait le premier volet de la Campagne, et ce en beauté. Initialement prévu pour août 2010, il fut toutefois remplacé à cette date par la réédition du « Le Manoir de Bélissendre » pour des questions de désistements massifs. Cet événement eut finalement lieu durant la fin de semaine allongée du 30 juillet au 2 août 2011, à Gex (France).
Sa spécificité était qu’il mettait un point final aux intrigues qui tenaient certains personnages, et donc joueurs, en haleine depuis le début de la Campagne en 2007. Je vous laisse imaginer le débrief final. Et l’état d’Hérophane de Pontcéleste, recordman présent à tous les épisodes de la Campagne, sans faillir, sans mourir… Mais pas sans faillir mourir plusieurs fois!
De plus, il intégrait un certain nombre de nouveaux joueurs, afin de leur permettre de rejoindre la Campagne « à égalité » avec les « vieux joueurs » de la Campagne. Ainsi, le second volet s’annonçait bien pour repartir, bon pied, bon oeil pour la suite!Les photos sont dans nos galeries, comme les autres, pour cet événement qui fut le début de la croissance fulgurant de l’Association.

Là aussi, quoi de mieux que l’accroche pour donner une idée?
Quant au débrieffing officiel, il est, logiquement, un peu plus long que les précédents…

Murder Party

Au Nom De La Rose

L’Ogre et l’Onagre

Après un long périple à travers le Désert, la Croisade arriva quasiment exsangue sous les portes d’Antioche. Toujours menée par Bohémond de Tarente, Raymond de Saint-Gilles, Robert Courteheuse Tancrède de Hauteville et Pierre l’Ermite, elle installa comme elle pouvait le siège sous la puissante forteresse.

Mais des cinq bataillons de la Croisade, chacun mené par un chef, deux seulement restaient motivés à se battre pour autre chose que pour leur survie. Pour la Victoire. Il s’agissait des bataillons de Bohémond de Tarente et de Raymond de Saint-Gilles. Après la demi-victoire à Dorylée, presque tous les chevaliers avaient perdus leur monture, et un homme sur six était mort de faim et de soif. Seule la volonté de ces deux chefs tenait encore l’unité du groupe.

Mais des dissensions aussi commençaient à se faire sentir au sein même d’Antioche. Après sept longs mois de siège, l’arrivée de renforts des deux côtés, tout semblait sur le point d’exploser en un immense massacre, néfaste pour tous les camps. Surtout au vu des événements étranges et divers sabotages qui rongeaient les deux camps. Aussi, à l’orée d’une forêt au pied du mont Silpius, sous les remparts même de la ville, des petits groupes de toutes les forces en présence furent rassemblés pour mettre un point définitif à cette histoire. Car avec Antioche, c’était la porte de l’Orient qui s’ouvrait, et la chute des Seldjoukides. Avec eux, celle de Jérusalem. Mais en cas de destruction de la Croisade, Byzance même voyait son existence remise en cause par la confirmation de la montée en puissance des Seldjoukides. Dans cette clairière, l’opposition entre Islam et Chrétienté, entre Ouest et Est, entre Nord et Sud, toutes trouveraient leurs solutions.

Les meilleurs éléments de chaque camp furent envoyés, et les règles du jeu définies entre les chefs. Cette clairière serait bloquée, déjà encerclée par les corps d’armée épuisés, et les émissaires débloqueraient la situation. Que ce soit par les armes, la parole ou l’argent… Chaque homme, femme ou enfant qui rentrait dans cette zone mettait sa vie au service de ce qu’il défendait. Et acceptait de la perdre !

Les règles de la rencontre furent strictement posées. Le premier soir, les hommes n’auraient pas le droit de sortir de leur campement. Les arbitres de la rencontre, un consortium d’intellectuels pacifistes de chaque religion majeure, de diverses nations, pourraient ainsi tenter de trouver une solution la moins sanglante possible. La journée suivante serait dédiée à la parole. Une nouvelle nuit de réflexion permettrait aux participants de réfléchir, puis ils sortiraient le lendemain à midi de zone, rendant leur verdict. Tous les hommes s’y plieraient. Que le verdict soit la guerre ou la paix, la victoire de l’un ou de l’autre.

Dès le matin du 28 mai 1098, la clairière commença à fleurir des étendards et des tentes de chaque camp. Chacun fourbissait qui ses armes, qui ses fioles, qui ses parchemins. Au milieu du camp, une tourelle de bois, construite par les gens d’Antioche, servait de repère. A côté d’elle, les quatre étendards des quatre intellectuels responsables de la réunion. Aussi médecins réputés, tous les regards se tournaient vers leur tente dès qu’un soupçon de traîtrise se faisait sentir.

Outre le grand étendard blanc orné d’une Croix Rouge assez particulière flottant sur la tourelle, on pouvait admirer les étendards byzantins et hongrois à l’Est, turcs, égyptiens et almoravides au Sud, ceux d’Ordres Religieux catholiques et des Croisés à l’Ouest, et enfin ceux d’une puissante Guilde vénitienne et celui, bien connu, d’un groupe de mercenaire réputé, au Nord de la tourelle. Chaque point cardinal était administré par un des quatre intellectuels, une des quatre religions. Orthodoxie, islam, catholicisme ou judaïsme.

A ces moments clés où l’Histoire elle-même est en jeu… Qui aura la force de la faire basculer de son côté ?

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Murder Party

Au Nom De La Rose

L’Ogre et l’Onagre

Les scintillements du soleil sur l’herbe luisante cessèrent aussi brusquement que le ciel se couvrit. Une véritable tempête s’abattit sur les camps en préparation diplomatiques. Le camp chrétien fut violement secoué, et selon les dires des observateurs byzantins, la Tour elle-même s’écroula.

Après une journée et une nuit terribles, les camps des quatre horizons se rencontrèrent, toujours sous la juridiction d’Etienne Dellouin. La situation d’Antioche ayant été réglée par les armes, il ne restait « qu’à » faire la paix entre les divers participants. Mais malheureusement, la mort de plusieurs membres de toutes les délégations durant les derniers jours et les événements étranges pesèrent. Pesèrent bien trop lourd. La rencontre aurait dégénéré sans l’intervention de Giselda Garibaldi de Pontcéleste, nouvelle Chancelière d’Antioche. Elle invita les troupes dans les quartiers de leur confession, et leva de fortes milices pour garder le calme dans la ville. Les fonds quasi illimités des guildes vénitiennes réussirent là où les diplomates avaient échoués. Il n’y eu pas de massacres.

Cependant, la Croisade repartit vers la Terre Sainte. Non plus par Terre, mais par mer. De violents affrontements entre dhaus égyptiens et portefeux byzantins transformèrent la mer en champ de flammes. Les navires vénitiens passaient d’un côté comme de l’autre, approvisionnant les deux camps. Cette situation attisa la colère de l’Empire Almoravide, qui exigea une immédiate cessation de commerce entre Egyptiens et Vénitiens. En échange de leur soutien militaire et économique. Bien sûr, les navires vénitiens se rangèrent aux côtés des Byzantins en guise de réponse. Certains rapportèrent cependant que les tensions diplomatiques étaient telles que les navires almoravides se concentraient sur les vénitiens, sans s’occuper du reste, tandis que les byzantins écharpaient les navires égyptiens. Les pertes furent terribles des deux côtés.

Et Jérusalem tomba.

Le contingent de Tarente, désormais commandé par le neveu du défunt Bohémond, Tancrède, s’infiltra par l’intérieur des terres. Une fois n’était pas coutume, les Chiens, qui dirigeaient le contingent, firent preuve de discrétion. L’attaque de Jérusalem fut soudaine et sanglante. De nombreux braves tombèrent. Les normands avaient profité d’une tempête de sable pour escalader les murailles. Dans le chaos qui s’ensuivit, des camarades s’entretuèrent d’un côté comme de l’autre. Roberto Cuchear, le fameux cuisinier des Chiens, tomba sous une lame catholique. Le Bienheureux Gérard ne dut la vie qu’à l’intervention d’un inconnu qui s’interposa entre lui et une flèche. Certains parlèrent même dans la tourmente du sifflement d’une faux tournoyante. Mais aucun combattant n’avait de faux…

Lorsque l’aube se leva, flamboyante comme la cité sainte, près d’un tiers des murailles étaient aux mains normandes. Mais ils étaient en larges infériorité numérique, et seule la dispersion des combattants musulmans contre l`’Hospital avait empêché le désastre. Les pertes chez les frères Hospitaliers se comptaient en dizaines de Chevaliers. Près d’un tiers de l’effectif de Sainte-Marie-la-Latine était mort pour protéger la chapelle des assauts. Les plus observateurs remarquèrent des tabards étrangers dans l’enceinte de l’Hospital.

Puis quelques bateaux accostèrent au port. Le reste de la Croisade arrivait. Les Egyptiens, pris en tenaille, luttèrent alors pour sauver leurs vies. Les combats durèrent plusieurs jours.

Jusqu’à ce qu’une Croix s’élève sur le Saint Sépulcre. Godefroy de Bouillon, entouré du Bienheureux Gérard et de Felipe Pelayo, sortit du saint lieu illuminé de lumière. Le Très Haut avait décrété la victoire. Et dans la journée, les dernières poches de résistance musulmanes disparurent.

Le soir, tandis qu’on célébrait les fiançailles de la belle Esperenza Planeilles et de Don Martin Jiniès Y Burgos, une terrible nouvelle détruisit toute réjouissance.

L’Espagne était tombée. Alphonse VI de Castille était désormais un « invité permanent » de la Cour d’Ibrahim ibn Youssef Kwarzimri. En apprenant la nouvelle, Esperenza pleura des larmes de cristal, tandis que Don Martin serrait assez fort le pommeau de sa lame pour le détacher de la poignée. Felipe Pelayo ne dit rien d’autre que : « Je l’avais dit… », puis disparut dans l’ombre. Tous entendirent son hurlement de rage lorsqu’il abattit sa lame portant le symbole de Compostelle contre le mur de la principale Mosquée de la ville. Celle-ci s’enfonça dans le mur, le transperçant comme du beurre tant sa rage était grande. Il retira avec violence sa lame, qui cassa alors. Regardant le moignon de lame qui lui restait, Pelayo eut un bref hochement de tête.

Plus personne ne le revit jamais.

Esperenza et Don Martin furent invités et assimilés à la Cour qui se forma autour de l’Avoué du Saint-Sépulcre, Godefroy de Bouillon. Rodrigo Montoya y parut quelques fois pour s’assurer de la sécurité de ses seigneurs, puis disparut à son tour. Etienne Dellouin, qui avait fidèlement accompagné les Croisés jusque là, fit l’accouchement de la jeune femme lorsque leur premier enfant naquit. Il fut nommé Cid Felipe, en honneur des Espagnols disparus. Quelques temps après, Etienne fut mandé par son vieux camarade, Abd El Melik, à la Cour du Sultan turc. Inlassable dans sa quête de paix dans le monde, le médecin dévoué y alla. Il soigna quelques graves maladies, s’entretint avec le fameux Hassan ibn Madj-as-Assouan ibn Jaffyaâ-l-Dîn ibnTaymmiyyah, avant de repartir. Il devint un diplomate apprécié entre le Royaume de France, l’Empire Byzantin et la ville d’Antioche. On disait qu’il y avait en permanence un des trois médecins dans chacune de ces trois Cours, et, rumeurs où non, elles devinrent parmi les plus tranquilles du monde. Plus d’empoisonnements ou de sordides maladies qui n’étaient vaincues par les médecins. Certes, la mort prélevait son tribu, mais il s’agissait de morts naturelles. Ou de morts violentes…

Malgré tout, on vit encore assez souvent le brave Etienne dans la Cour du Saint-Sépulcre. Trop au goût de la Chancelière d’Antioche, Giselda Garibaldi de Pontcéleste. La ville, devenue une cité-république sur le modèle de Venise, était souvent secouée par des troubles.

Le conseil de supervision de la ville, formé de Giselda elle-même comme représentante de la Haute Ville (Centre) au nom de Byzance, Moad ibn Bettilema comme seigneur du Quartier Ancien (Est), Ayyuf ibn Alwarem comme seigneur du Quartier musulman (Sud) au nom des Almoravides, Methodus Farmakès comme seigneur du Quartier marchand (Ouest), et le jeune Cid Felipe sous la tutelle de ses parents pour le Quartier chrétien (Nord).

Mais peu avant une réunion critique sur l’administration de la sécurité et des milices de la ville, Methodus mourut d’une crise de foie. Enguerrand Tuboeuf, son ami fidèle, le suivit dans la tombe dans une escarmouche avec des révoltés arméniens qui désiraient un seigneur de leur peuple. Moad périt au cours de la même escarmouche. Le dernier témoignage le décrivait comme grièvement blessé, brûlé par endroits, entouré par trois pillards, mais défendant fièrement le drapeau d’Antioche. Giselda elle-même tomba très malade. Selon Etienne, il s’agissait de séquelles de son dernier accouchement. Une heure de prière pour elle fut décrétée à Venise et Rome. Miracle ou talent d’Etienne, nul ne le sut. Mais elle survécut. Affaiblie, elle retourna à Venise et dans les terres d’Auvergne. Les terres du défunt Hérophane furent attribuées au jeune Drogon de Pontcéleste tandis que Giselda se concentrait sur la Guilde Garibaldi. Jeanne de Pontcéleste, sa fille, ne la quitta jamais, et fut élevée entre Venise et quelques rares visites à Antioche. Anya Skolotzès, sa dame de compagnie nouvellement envoyée par Byzance, s’occupait avec talent de gestion d’Antioche. Elle absorba les quartiers des défunts dans sa juridiction, puisqu’ils n’avaient prévus d’héritiers.

Byzance fut bien sûr ravie de la nouvelle. La nouvelle Ingénieure Impériale, Kyrene « Dokta » Baalthar, plancha elle-même sur les plans des routes entre Byzance et Antioche afin de renforcer l’Empire. Des troubles agitaient toujours les terres de l’Empire, mais allèrent en décroissant. Cela avait toutefois coûté la vie à l’ancien Ingénieur Impérial, Altindan « Doktus » Skleros. Il eut droit à des funérailles grandioses, et son corps fut brûlé par le plus puissant des feux grégeois jamais inventé.

Malgré les nombreuses demandes, Kyrene ne se remaria jamais. Elle garda toujours une image de son mari mort en martyr. Ils s’étaient aimés. Et ils continuaient. Par delà la mort.

Elle se concentra tant et si bien sur son travail qu’elle n’eut plus qu’à peine le temps de revoir sa sœur Alix. Celle-ci voyageait entre les terres de Taillefer et celles de l’Empire Almoravide où elle officiait comme diplomate. Amie de la nouvelle arrivée au harem du Prince, Lucia Ibn Melik, elle avait ses entrées pour négocier la paix entre la France et l’Empire Almoravide. Elle y réussit fort bien, car une paix s’installa assez vite entre les deux contrées. Par contre, un djihad fut bientôt déclenché contre le Royaume de Sicile… A la tête des religieux, le cadi Fatum El Kerdoum, installé dans l’Empire Almoravide, était sans doute le plus virulent contre les Normands. Il mourut malheureusement au début de la guerre, dans les environs de l’ancienne Saint-Jacques de Compostelle.

Un Ordre Religieux musulman fut fondé en son honneur. L’Ordre de la Parole d’Allah s’étendit rapidement. Ils détruisirent les restes de l’Ordre de Compostelle et créèrent de nouveaux bastions plus solides, construits par les meilleurs architectes almoravides.

Le Saint Empire Germanique déclara la guerre à la Pologne sur une histoire d’espionnage. Guerre à laquelle se joignit la Hongrie. La paix relative entre la Hongrie et l’Empire Byzantin permit à ce dernier de reprendre des terres aux Petchenègues toujours plus agressifs au Nord. Un statut-quo s’imposa sur les frontières du Roum, bien que les tensions entre Turcs et Byzantins soient toujours tangibles. Le renforcement du réseau routier et militaire par la nouvelle Ingénieure Impériale stabilisa la situation de l’Empire. L’Angleterre et la France conclurent une première trêve. Puis repartirent en guerre l’une contre l’autre. De plus belle.

De la Croisade naquirent Trois Etats Latins d’Orient. La République d’Antioche, le Royaume de Jérusalem et le Comté de Tripoli. De nouveaux combattants se levèrent pour défendre ces terres. Le Royaume de Jérusalem se lia très vite avec le Saint Empire Germanique.

L’arrivée du Suaire de Saint Matteo à Turan~y en Moravie avait en effet provoqué un véritable mouvement de foi. L’Ordre du Saint-Suaire s’établit ainsi en même temps en Moravie et à Jérusalem. Sigismund Von Moravia et sa femme, Jehanne de Tours, en devinrent deux dignitaires. L’Ordre de Saint-Pierre périclita vite lorsque fut fondé l’Ordre des Templiers, lui aussi à Jérusalem. Une extension apparut tout de même en France, en Angleterre et dans le Comté de Tripoli.

Et dans la ville Sainte de Jérusalem, sans cesse sur le pied de guerre, les fous de l’Ombre de la Faux commencèrent alors leurs ravages…

Malgré tous les présages, ce n’était pas une ère de paix qui se profilait…

Campagne 1.5

Sixième épisode de la Campagne, plus traditionnel ce coup-ci, dans un cadre différent, le Hicking Sheep. Agréable d’avoir la montagne brumeuse pour cet épisode qui se voulait perdu dans une tempête de sable désertique (on a les effets spéciaux qu’on peut), en plein milieu de la ville en cours de saccage de Nicée. En ces 19 et 20 septembre 2009, les joueurs vécurent le changement de pouvoir de la ville ainsi que la domination islamique dans une murder. Une première, puisque la majorité des joueurs jouent des personnages catholiques!

Malheureusement, les photos furent pris par un appareil de basse qualité, et ne rendent pas bien compte de ce qu’était le jeu. Mais elles suffisent tout de même à se rappeler d’Etienne Dellouin le dévoué, passant son temps à soigner les valeureux et quelques peu téméraires chevaliers religieux catholiques, ou encore des premiers éclats du désormais mythique Fatum Al Kerdoum!

Comme pour les précédents épisodes, voici pour vous faire une idée l’accroche puis le débrief officiels, qui vous permettent de suivre l’évolution de cette Europe uchronique:

 

Murder Party

Au Nom De La Rose

La Croix et la Bannière

L’hiver passé, les derniers retardataires arrivés, les troupes croisées stoppées à Byzance reprirent la route, au grand soulagement de la cour byzantine. Isaac Comnène, frère de l’Empereur, Sébastokrator et responsable du commerce, avait été harcelé de demandes en tous genres, et commençait à perdre son légendaire sens de la diplomatie. Alexis Comnène lui-même avait du user de toute son Influence pour faire plier les chefs croisés. Si Godefroy de Bouillon, Hughes de Vermandois et Raymond de Saint-Gilles n’avaient pas trop fait de manière pour prêter allégeance, le bouillonnant Bohémond de Tarente avait posé plus de problème. Il n’accepta de se plier à la règle qu’après une entrevue avec l’Ingénieur Impérial Doktus, de retour sur terre.

En même temps, le départ et surtout le retour de Doktus avaient été des plus remarqués. Parti avec une flotte de guerre de 120 navires, comportant pas moins de 40 vaisseaux porte-flammes, il avait affaibli considérablement la garnison byzantine. Pourtant, Alexis Comnène lui fit confiance. Mais aussi alléchante que s’avéra l’occasion de semer le trouble, les troupes croisées restèrent bien coites, et les turcs campèrent sur leurs positions.

On ne sut pas quel trajet emprunta la flotte de Doktus, mais il revint avec pas moins de 200 navires pirates et un grand nombre de marins prisonniers, alors que sa flotte comportait moitié moins d’unités. Il avait recueilli dans le même élan divers rescapés byzantins, dont les plus notables furent une poignée de gardes Varègues qui avaient été libérés de leur contrat à l’époque. Lorsque la flotte byzantine débarqua à la capitale, ce fut la liesse. Avec sa modestie coutumière, Doktus rendit son mérite au fameux drongaire du ploïmon Josèphe Phokas, qui avait dirigé les combats navals.

C’est sous ces bons auspices que le départ des croisés se fit. Accompagnés de troupes byzantines, les chefs furent plus détendus… Et plus circonspects. Ils ne tombèrent pas dans les pièges des turcs, malgré la subtilité de ceux-ci. On aurait dit que le désert lui-même aidait les troupes turques. Pourtant, cela ne suffit pas. Après quelques semaines de siège, Nicée tomba aux mains croisées. Le pillage fut vite stoppé par les byzantins, attentifs. Si les musulmans et juifs convertis ou tués, la ville ne subit pas trop de dégâts, et les troupes croisées ivres de victoire mais frustrées de pillage repartirent vers de nouveaux objectifs. Si toutes les villes tombaient comme Nicée, la Terre Sainte serait catholique avant la fin de l’année !

Les troupes orthodoxes, plus habituées au combat dans le désert, attendaient de pied ferme de rentrer dans les véritables combats. Ceci n’avait été qu’amusement. Une partie rentra à Nicomédie, afin de finir de sécuriser le passage du Bosphore, une autre partie vers Abydos pour assurer l’accès au détroit de Marmara et prévoir la chute d’Izmir, quelques troupes judicieusement choisies accompagnèrent les Croisés, et une poignée de Komès restèrent à Nicée pour assurer la soumission de la population et l’obéissance des troupes croisées restées pour « sécuriser » et convertir la zone. De même que le nouveau Stratège de Nicée, Alain Skilitzès.

Pour les marchands de toute l’Europe, cette première victoire était l’ouverture concrète et directe d’un nouveau marché, d’une nouvelle voie de commerce, de nouveaux accès au commerce juteux des épices. Une immense affluence de commerçants de tous poils déferla sur Nicée, qui vit en quelques semaines sa population retrouver son niveau d’antan.

Evidemment, une telle quantité de personne ne pouvait être gérée facilement, et les Komès attribuèrent des quartiers de la ville aux troupes restées sur place. De même chaque quartier fut attribué à un Komès. Les marchands les plus influents furent mis proche de la citadelle, et eurent pour juge des débats le Stratège en personne.

C’est ainsi que des gens puissants, de tous environs, se mirent à parler commerce, accords, monopoles en ces lieux inutilement fortifiés. Le calme et la chaleur abrutissait tous ceux qui n’étaient pas réfugiés à l’intérieur…

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Murder Party

Au Nom De La Rose

La Croix et la Bannière

La tempête qui grondait tout autour de Nicée se calma d’un coup, comme si un géant avait levé un immense couvercle de plomb qui pesait sur la ville. La tempête retomba d’un coup, dévoilant l’immense armée du Sultan Kilich Arslan à l’Est de la cité. Elle pénétra dans la ville sans aucune résistance, pour être accueillie par une population abasourdie, mais en liesse. Enfin une réelle troupe qui rendrait la paix à la ville éprouvée.

Le Sultan se dirigea vers la Citadelle, un des plus vieux bâtiments de la ville. Il s’attendait à voir sortir son légat l’accueillir comme il se devait. Mais rien. La Citadelle était vide. Sans se laisser démonter, Kilich Arslan nomma son nouveau représentant dans la cité, Selfi Al Aroui. Ce dernier s’installa rapidement avec sa Cour, laissant ainsi les mains libres au Sultan pour revenir vers la Croisade. Car nul n’avait rien vu depuis l’extérieur de la cité. La Tempête les avait bien servis, bien protégés. La Chance était de leur côté. Proche du Sultan, un vieillard malingre sourit de toutes ses blanches dents, et offrit son narghileh à ceux qui en désiraient une bouffée.

Et si nul dans le monde n’entendit parler de la nouvelle de la prise de Nicée, certains virent tout de même d’étranges événements. De l’Espagne à Byzance en passant par Venise, du Danemark à l’Egypte en passant par la Hongrie, des gens hagards sortirent de l’ombre pour rentrer chez eux.

Au fond d’un dédale sans fin, les Bâtinis bouillonnaient de haine, gardés par un seul Djinn. Ils ne pouvaient rien faire, si ce n’était compter sur leur seul frère rescapé, évadé, pour les libérer. Ils ne pouvaient qu’imaginer les souffrances infinies qu’ils infligeraient à ceux qui avaient provoqué leur chute. A eux et à leurs enfants…

Campagne 1.4: Heureux qui comme Ulysse…

Nouvel épisode finissant par un nombre pair… Nouvelle expérimentation!

Suite à une discussion entre El’ et Retz, il fut décidé de tenter en cette belle fin de semaine du 25-26 mars 2009 un GN séquentiel. Avec l’aide de Krynn, un jeu où les joueurs se déplaçaient tout le long d’un parcours. Celui-ci était animé de PNJs partout (encore bravo à eux, qui coururent comme des dératés!), d’événements, de scènes. En plus de cela, les joueurs avaient à gérer leurs vivres, leurs dissensions internes, et leur timing, pour arriver au lieu de camp avant la nuit. Bien sûr, la neige fut de la partie, pimentant les montées et décentes dans des bonnes inclinaisons. Sans parler des délires sur les ragondins, et les premiers XPs objectifs libres pour PNJs. Tout un concept aussi!

Ce fut aussi la première contribution photographique de Dams, désormais notre photographe officiel, à ANDLR. Deux autres photographes et caméramans fournirent aussi leur lots de splendides photos. Les souvenirs ravivés par elles émaillent encore nos mémoires. Qui pourrait oublier Giselda Garibaldi et Kyrene Balthaar, blotties l’une contre l’autre, enceintes, dans la neige?
Et on ne désespère pas que le montage vidéo de cette aventure soit fait, un jour…

Enfin… Comme pour les épisodes de la Campagne, quoi de mieux que laisser parler l’accroche puis le débrief officiels pour donner une idée de ce qui s’est passé?

Murder Party

Au Nom De La Rose

Heureux qui comme Ulysse…

Une fois passée l’agitation du changement de Doge à Venise, une fois mise en place une nouvelle dynamique en Europe, tous les regards se tournèrent vers l’Orient. La nouvelle clé de voûte de l’équilibre au Nord Ouest. En effet, la suprématie navale d’une puissance, Gênes, Venise, Pise, Marrakech, ou Dieu seul savait quelle autre force maritime, dépendait du résultat des Croisades.

 

C’est ainsi que pendant l’hiver, les forces des divers camps se retranchèrent. Les troupes nobles croisées, parties en août, hivernent où elles le peuvent, partout dans la péninsule italienne ou dans les Balkans. Les troupes de Gautier Sans Avoir, démunies sans les renforts de Pierre l’Ermite, rongent tant bien que mal leur frein, contrôlées par les Pronoïai Byzantins. Pierre l’Ermite tente de rejoindre aussi vite que possible son compère, en passant par la Hongrie, mais les incursions Petchenègues le ralentissent.

 

Seuls les plus valeureux tentent la traversée de l’Adriatique, qu’on dit constellée de pirates savamment entretenus par les Egyptiens. Si rien n’est possible à prouver, le développement de l’Egypte Fatimide laisse présager le pire pour les Croisés. Ce pays riche s’approche alors des sept millions d’habitants, rattrapant la France dans sa suprématie démographique.

 

Mais le temps passe, l’hiver aussi, et la Croisade continue, inexorable. Les troubles politiques autour de Venise la ralentissent à peine. Arrivées après le départ des Croisés de Gautier Sans Avoir, les barons stagnent à Byzance. Les troupes de Gautier Sans Avoir, ne respectant pas son avis, lasses d’attendre, ont foncé vers Nicée, à Civitot, où elles sont lamentablement défaites par les troupes turques du sultan Kilitch Arslan. Gautier Sans Avoir retourne avertir les nobles restés en arrière, ainsi que les troupes de Pierre l’Ermite, mais….

..Trop sûrs d’eux, les Croisés avancent sans protection. Ils tombent dans une embuscade. Sur 26’000 hommes, plus de 20’000 sont exterminés ou réduits en esclavage. Les quelques survivants qui atteignent Byzance se retranchent dans des quartiers d’hiver, désarmés, et enseignent la prudence à leurs successeurs. Cet enseignement permet aux chefs Godefroy de Bouillon et Raymond de Saint-Gilles de tenir leurs troupes, et d’unir sous leur bannière les corps aux ordres de Pierre l’Ermite. Il ne manque plus que Bohémond de Tarente et Hughes de Vermandois, muni de l’étendard de Saint-Pierre par le Pape lui-même, pour que les Armées du Christ ne se mettent en route…

 

C’est ainsi qu’en février 1097, certains bateaux essayent encore et toujours de passer entre les mailles du filet des pirates indépendants ou corsaires égyptiens. Les plus gros convois, comme ceux qui transportent les armées de Bohémond de Tarente ou Hughes de Vermandois ne sont pas attaqués, bien trop puissants. Mais les nombreux petits vaisseaux transportant des seigneurs dévoués au Christ sont, eux, de proies faciles…

 

Extrait du journal du scribe Alessandro Collesto :

« Samedi 14 février 1097. Fêtes de Saint Valentin et de Saint Naval

C’est ainsi que de la flotte vénitienne qui nous transportait jusqu’à Héraklion, puis Thessalonique, puis Byzance, il ne reste que trois pauvres bateaux. Soit moins du tiers des effectifs initiaux. Les tempêtes, les naufrages subits sur des écueils imprévisibles et les attaques des pirates ont eu raison de nos camarades d’infortune. A croire que le Ciel lui-même s’oppose à notre arrivée dans les terres du Basileus. Pourtant, nos passagers sont hétéroclites, et sans importance majeure pour cette Croisade. Est-ce pour péché d’orgueil que nous ainsi tous punis ?

 

Alors que j’écris ces lignes, j’entends des cris. Manifestement, une tempête se prépare. Le ciel est noir comme la suie. La température est froide comme si l’Enfer n’existait pas, alors que mon âme me crie que je n’en ai jamais été aussi proche…

 

Ces lignes sont sans doute mes dernières. La coque du navire vient de céder. Impossible de situer les deux autres navires.

Dieu garde notre âme… »

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Murder Party

Au Nom De La Rose

Heureux qui comme Ulysse…

Alors que Tirésias hurlait comme un dément, les villageois et les nouveaux venus fuirent du plus vite qu’ils le purent. Le bris de l’ouroboros semblait avoir affecté non seulement le demi dieu, mais aussi sa Garde, qui se mit à vaciller, balbutier, tourner en rond. Du chandelier planté sur le sol jaillirent des flammes blanches éblouissantes. Des pains apparurent par dizaines, l’eau proche fut changée en vin, tous entendirent des voix leurs chuchoter aux oreilles.

 

Menés par Chevreuil et Ecureuil, les survivants se dirigèrent vers le seul village qui ne donnait pas sur des falaises, mais sur une plage. Ces deux jours de marche furent les plus éprouvants qu’eurent vécus les rescapés. Partout, les ragondins surgissaient, dévoraient les Gardes et Soldats hébétés. Certains de ces anciens enfants des village hurlèrent les noms de leurs parents tandis qu’ils se faisaient démanteler. L’un ou l’autre rejoignirent même les fuyards dans leurs courses folles. Larmes de joies des retrouvailles et larmes de douleur des pertes se mêlèrent. Ceux qui traînaient étaient impitoyablement éliminés.

 

Plus d’une fois, Giselda et Kyrene, enceintes, ne furent sauvées qu’in extremis des griffes des ragondins. Esperanza sauva même une fois Enguerrand, dont beaucoup virent le sang pour la première fois. De même, on releva l’acte héroïque d’Etienne qui fit rempart de son corps à Giselda face à un ragondin plus rapide que les autres. Son torse fut lacéré à la place de celui de la jeune femme. C’est alors qu’intervint Hérophane. Hurlant sa colère face aux Cieux, à l’île, à tout ce qui l’entourait, il massacra plusieurs dizaines de ragondins sans tenir compte des blessures qui s’accumulaient, le temps que sa femme et Etienne soient pris en charge par Matteo et Felipe. Tandis que le combat faisait face à l’arrière, Jacques et Methodus qui escortaient les guides furent frappés par des flèches.

C’est dans cet état pitoyable que la compagnie arriva à destination. Les villageois de Phrykos s’étaient terrés dans leurs huttes, se protégeant comme ils le pouvaient. Sous les injonctions de Kyrill, le chef du village de Snorros, ils se mirent à construire des radeaux. En quelques heures et avec les efforts de tout le monde, ceux-ci furent près. Un moment critique passa quand on crut venue l’heure de la délivrance de Giselda, mais ce ne fut qu’une fausse alerte due au stress.

 

Les sept radeaux s’éloignèrent de l’île bouillonnante. Felipe fut le dernier à embarquer, poussant les radeaux au péril de sa vie. Mais alors qu’une cinquantaine de ragondins allaient le dévorer, un petit écureuil gris sauta d’un arbre, et commença à leur arracher les yeux avec les dents. Ce court répit permit au Chevalier d’embarquer.

 

Sur le premier radeau à être partit, Isaac Baalthar et sa femme, en compagnie des Chiens de Dieu et des deux Moldovan, scrutait l’horizon. Les autres survivants de l’expédition, regroupés sur le dernier radeau, regardaient avec inquiétude les gros bouillons qui indiquaient que l’île coulait. De nombreux villageois étaient morts dévorés ou noyés, et on ne comptait plus qu’une trentaine de survivants pour l’île entière. De Circé ou Tirésias, nulle nouvelle…

 

Et tandis que l’île s’engloutissait dans les flots, emportant avec elle son brouillard, ses falaises, ses récifs, ses créatures étranges et ses lieux emplis de magie, les survivants se regardèrent. Sans vivres, avec de nombreux blessés, perdus au milieu de la mer… Leurs chances de survie étaient des plus minces…

 

Quand à l’horizon surgit une voile. Puis une autre. Puis une autre… Et bientôt, une flotte de guerre portant pavillon Byzantin apparut. Sur la proue du navire amiral, un homme dégageant une autorité infinie.

 

« Baalthar ? C’est ce qu’il me semblait. Montez avec les autres. Je veux que vous soyez présentables pour m’entretenir de ce méli-mélo d’ici très exactement douze minutes. »

Tel était Doktus, l’Ingénieur Impérial de Byzance…

1.3: Venise, Vidi, Vici

Quatrième épisode de la Campagne, joué les 6&7 septembre 2009, cet épisode marqua aussi le début de la structure réelle d’ANDLR. Des personnages bien établis, fouillés, présents depuis le début du jeu, commençaient à utiliser les potentialités de la Campagne et à intriquer leurs histoires. C’est ainsi à la fin de cet épisode que se signa le mariage d’Hérophane de Pontcéleste et de Giselda Garibaldi, ou celui de Kyrene Phocas et Isaac Balthaar, l’autre couple mythique de la campagne. Un document d’invitation au mariage en jeu d’Hérophane et Giselda avait même été réalisé sur un fond de parchemin historique puis laissé traîné dans d’autres épisodes, comme clin d’oeil aux deux joueurs.
Outre ce document, les photos se trouvent elles aussi dans nos galeries!

Cet épisode avait lui aussi, comme tous les épisodes, un petit quelque chose de particulier. Un test. Un élément qui casse le rythme. Ici, il s’agissait d’un jeu de rôle dans le jeu de rôle. Les gens devaient avoir deux costumes, un pour un soir, l’autre pour le reste du jeu. Et à défaut d’une accroche normale, les joueurs avaient reçus les explications du jeu proposé par le Doge de Venise, leur hôte:

Bal : Règles et liste d’élimination

Organisateur :

Doge Vital Faliero De Doni                                                            Le Diamant

Arbitre :

Perle                                                                                             La Perle

Damoiselles, Dames, Seigneurs

Voici un bref rappel des règles de ce Bal.

Toute arme est interdite, ainsi que tout forme de violence. Nous vous rappelons que les gardes du Doge ne sont pas loin, et répondront à son appel.

Il est formellement interdit d’enlever son masque, sa coiffe ou sa cape avant d’être découvert. Quiconque est découvert doit révéler son visage en gardant son masque à proximité, pour que le lien soit facilement faisable.

Ce bal est intéressé. Toutes les personnes qui seront encore en jeu à la fin du Bal pourront garder leur costume, soit un cadeau de presque 2500 deniers par costume. De plus, celui qui résoudra l’énigme se verra remettre un cadeau fort appréciable.

Pour éliminer un concurrent, déclinez sa véritable identité auprès de Perle. S’il vous confirme, alors, inscrivez le véritable nom de la personne à côté de son rôle.

N’hésitez pas à parlementer avant de dénoncer. Vous êtes dans la ville du commerce, pas à Gênes : De cela, tout Doge de Venise en est fier.

Les serviteurs seront tous de quartz blanc, purs mais inintéressants.

Rôles en jeu :

Le Rubis

Le Saphir

L’Emeraude

L’Améthyste

Le Jais

L’Hématite

Le Léviathan

La Licorne

La Sagesse

La Bêtise

La Rivière

Le Roc

Le Doge

Le Paladin

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Murder Party

Au Nom De La Rose

Débriefing : Venise, Vidi, Vici !

« Le Doge est mort. Vive le Doge ! »

Même si ce cri résonna une fois après l’annonce par Perle de la victoire de Ordelafo Faliero, étrangement, ce furent plutôt des gémissements qui retentirent dans et autour de la maison de campagne du Doge, en cette belle nuit du dimanche 6 juillet 1096.

Mais plus pragmatiquement, les effets furent qu’on vit surtout revenir les liens commerciaux entre Venise et Byzance, l’ère décriée « de l’obscurantisme des De Doni » effacée par les juteux échanges entre l’Occident et l’Orient. Le nouveau Doge, totalement anti-génois, commença par rattacher par des lois les territoires adjacents à la Vénétie, à savoir les Abruzzes et la Dalmatie. Puis, très vite, les commerçants vénitiens obtinrent le monopole en ces régions, en plus de droits dans les régions byzantines. Cette montée dramatique en puissance de Venise l’amena à une déclaration d’indépendance, surtout avec l’importance stratégique de la ville pour les Croisades. Gênes était toujours plus puissante, mais… Ne faisait quand même pas le poids devant les Armées unies de la Chrétienté !!!

 

Mais avec les fins renards de marchands génois comme adversaires, les vénitiens eurent fort à faire pour ajouter à l’indépendance politique une indépendance commerciale. L’alliance entre le Comté de Toulouse et l’Auvergne du côté français et les plus grandes familles marchandes du côté vénitien permit d’ouvrir une voie commerciale au Nord. En passant par le Saint Empire Germanique. De par son rapprochement avec l’Empire Byzantin, Venise s’éloigna du Saint Siège alors que Gênes s’en rapprochait. Donc, logiquement, l’Empereur Germain fut trop heureux de s’allier à ce nouveau pouvoir. De son côté, Gênes, pour pallier à cette vaste alliance qui s’organisait, se tourna vers la Sicile, lien exclusif entre Rome et Byzance, et vers ce qui restait de l’Espagne. Le royaume de France fut bientôt divisé entre les tendances puritaines catholiques, plus proche du Saint Siège et donc de Gênes, et les tendances plus mercantiles, pro-vénitiennes.

Et comme à son habitude, l’Angleterre, suivie de la Pologne et le Danemark, s’empressa de ne pas s’aligner, afin de guetter le côté le plus favorable. En Hongrie, les tendances religieuses des catholiques fraîchement convertis menèrent à des escarmouches violentes avec la nouvelle république de Venise. Et les Rus de Kiev, toujours avides de vengeance sur les Byzantins, se dépêchèrent de soutenir le flanc est de la Hongrie. A tout hasard, si l’Empire Byzantin réussissait à libérer des troupes de l’étau turc. Un étau turc qui ne faiblissait pas, grâce à un curieux flottement dans les ravitaillements des troupes égyptiennes au Sud. On parla de navires disparus subitement, comme avalés par la mer…

Les flottes vénitiennes subirent elles aussi des revers. Des navires disparaissants, des conflits avec la flotte normande proche de la Sicile. La présence du fameux Scipionne Natale parmi les troupes croisées limita un peu les attaques normandes, mais le soutien muet du Pape aux ennemis de Venise était un encouragement entendu par tous. Même les fameux pirates de Vae Victis se joignirent à la mêlée, tirant leur lot de cargaisons vénitiennes, byzantines et turques.

Mais le plus important était fait. Ordelafo Faliero était parvenu à un accord avec ¨Raymond de Saint-Gilles, chef des Croisés. Une rumeur plana quant à un faux Godefroy de Bouillon qui fut bientôt exterminé par quelques chevaliers de Saint-Pierre. Un Sorcier Italien. Aussitôt, des troupes Croisées furent mises à disposition du Saint-Siège, sous la juridiction de l’évêque de Venise Franco Salvieri et d’un certain Perle, afin d’éliminer cette menace. On nota l’adjonction directe et volontaire de Wolf Enstein ainsi que des quinze plus vieux vétérans des troupes de Cologne à ce corps expéditionnaire.

Pendant ce temps, le plus gros des troupes se massait autour de Venise. Immédiatement rejoint par les troupes germaines de Sigismund Von Moravia et de Cologne (moins les quelques guerriers d’élite partis en mission avec leur capitaine Wolf Enstein), les Croisés ne séjournèrent plus très longtemps à Venise. Enfin, le moins de temps possible. Juste le temps que le Doge soit contraint de fournir des vaisseaux et de laisser Venise sans la protection des Croisés. Rejoints par les troupes normandes, bretonnes et anglaises de Robert Courteheuse (fils aîné de Guillaume le Conquérant), elles repartirent bientôt, tant que l’été était clément. Les troupes de Courteheuse, elles, s’attardèrent à peine plus avant de repartir à pied vers le Sud de l’Italie, en plein dans les territoires agités par la nouvelle indépendance de Venise. Une escale à Rome, puis au Monte Cassino (On dit que Alain IV Fergant voulut se renseigner sur les démons de l’Orient), puis enfin en Apulie, où ils passèrent l’hiver, accueillis par Roger Borsa. Les troupes de Bohémond de Tarente avaient, elles, déjà passé le détroit, et, ayant rejoint Godefroy de Bouillon et Raymond IV de Saint Gilles, convergeaient rapidement vers Byzance, demeure du Basileus. Demeure de l’Eglise Orthodoxe. Héritière de la Rome légendaire.

Byzance où tous les retardataires tenteraient de les rattraper…